

Quelle est l'action de la filière pour améliorer la sécurité des produits?
L'objectif des producteurs de dinde est de fournir aux consommateurs des produits de bonne qualité, à la fois sur les plans gustatif, nutritionnel et sanitaire.
La sécurité alimentaire du consommateur exige des efforts de la part de tous les intervenants de la filière.
Chaque maillon doit disposer d'une matière première de qualité, la transformer dans des conditions optimales, et livrer au maillon suivant un produit irréprochable.
Pour cela, chacune des trois grandes composantes de la filière - accouvage, élevage et transformation - s'est impliquée dans une démarche collective d'hygiène et de qualité.
Quel est le rôle du Comité Interprofessionnel de la Dinde Française?
Le CIDEF coordonne les efforts de toute la filière et conçoit, en relation avec les pouvoirs publics, des guides de bonnes pratiques adaptés à chaque stade de la production. Contrairement aux règles administratives toujours longues à modifier, ces guides évoluent en fonction de l'expérience et du progrès des techniques.
Cinq guides professionnels ont été élaborés et sont régulièrement remis à jour par le CIDEF depuis 1991: Le guide de l'accouvage, le guide de l'élevage, le guide d'hygiène d'application de la méthode HACCP dans les abattoirs et ateliers de découpe, le code des produits à base de dinde et de dindonneau. Ils permettent aux consommateurs de bénéficier à tout moment du maximum de garanties.
Que contiennent les guides de bonnes pratiques?
A chaque stade de la production, les guides de bonnes pratiques émettent des recommandations et précisent les procédures pour maîtriser la qualité. Ils définissent par exemples les règles d'hygiène, la conduite de l'élevage, la conception des batiments, les conditions de vie des animaux, les mesures prophylactiques, les techniques de préservation et de conservation des produits...
La volonté des professionnels de la filière dinde de prévenir les risques se manifeste par leur adhésion à un Contrat de Progrès adapté à chaque stade de la production. En signant ce contrat, les producteurs s'engagent à mettre en place et à respecter les mesures d'hygiène et les recommandations des guides de bonnes pratiques. C'est un outil d'assurance qualité inspiré de la méthode HACCP et des normes ISO 9000 qui font référence au niveau international. Au stade de la transformation, l'application des principes de la méthode HACCP aide les professionnels à identifier et maîtriser les points critiques de leur process. Un audit réalisé par un organisme indépendant témoigne des actions mises en oeuvre.
Quels sont les contrôles réalisés pour satisfaire aux exigences sanitaires?
En complément de l'inspection vétérinaire ante et post-mortem, la filière dispose de multiples outils pour contrôler les matières premières et les produits finis : contrôles bacteriologiques, traçabilité, autocontrôles au sein de l'entreprise dans le cadre de la politique d'assurance qualité...
Les contrôles portent à la fois sur les produits, le matériel et les locaux.
Il est indispensable que les dates limites de consommation et les conditions de conservation indiquées par le fabricant soient respectées.
En particulier, il est impératif de ne pas rompre la chaîne du froid (conservation des produits à +3°C). Le CIDEF mène régulièrement des campagnes d'information sur ce point et opère de nombreux contrôles.
Comment la profession garantit-elle la loyauté des transactions commerciales?
Le code des produits à base de dinde et de dindonneau définit les règles de fabrication et de composition des produits à base de de dinde et de dindonneau. Il traite aussi de la réglementation de l'étiquetage et du contrôle des produits. C'est la charte de qualité de la filière dinde, issue d'un large consensus entre les professionnels et les pouvoirs publics. Ses objectifs sont de protèger le consommateur et de satisfaire ses besoins d'information et ses attentes nutritionnelles. La DGCCRF peut s'en servir comme référence pour juger du caractère loyal et marchand des denrées.
Le CIDEF mène de nombreuses actions de sensibilisation et d'information sur la valeur santé/sécurité de la viande de dinde auprès des consommateurs et des relais d'opinion (médecins et journalistes) :
- stands d'animations en magasins tenus par des diététiciennes,
- visites auprès des professionnels de la santé,
- participation du CIDEF au principaux congrès de nutrition,
- conférences de presse,
- réalisation de supports d'information nutritionnelles (dépliants, affiches),
- mise à disposition d'un service d'information spécialisé, Dinde Information Service Santé (DISS), au 0810.000.207 : des professionnels de la santé répondent à toutes les questions des médecins, des diététiciens, des journalistes, des consommateurs, des distributeurs concernant la dinde...
En matière de traçabilité, la production avicole bénéficie d'une avance certaine. Et en instaurant le Contrat de Progrès, la filière dinde s'est dotée, à tous les stades, d'une démarche volontaire et reconnue de prévention des risques. Pour vérifier sa bonne application, des audits sont réalisés. De plus, les résultats des contrôles bactériologiques sont collectés trimestriellement puis traités et les pratiques d'hygiène font l'objet d'un suivi régulier. Les procédures préconisées ont incontestablement une incidence positive sur la qualité des viandes. Il n'en reste pas moins que les ruptures de la chaîne du froid demeurent préjudiciable à leur bonne conservation.
Le manque d'informations sur la viande de dinde, sur les emballages et dans les linéaires, est interpreté négativement par les consommateurs. Ceux-ci demandent à être rassurés en connaissant l'origine géographique du produit qu'ils achètent, le mode d'élevage et l'alimentation de l'animal.
Ils attendent des étiquettes plus informatives sur le produit. Ils attendent également des emballeges plus attractifs, des idées recettes spécifiques à la viande de dinde et des informations sur le mode et le temps de cuisson. La filière s'interroge aussi sur la possibilité de développer des signes de qualité.